Dans une lettre datée du 3 novembre 2026, Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, rappelle que tous les civils ukrainiens détenus illégalement par la Russie doivent être libérés et salue l'engagement des communes qui les parrainent.
Sylvie Rollet, présidente de Pour l'Ukraine, pour leur liberté et la nôtre ! (PLU), avait appelé l'attention du ministre sur le sort des civils ukrainiens détenus par la Russie, avec Pierre Raiman, historien, cofondateur et vice-président de PLU, coordinateur de la campagne, et Jean-Pierre Pasternak, président de l'Union des Ukrainiens de France (UUF). PLU et l'UUF font partie, avec RETURN FREEDOM, du collectif des organisations à l'initiative de la campagne.
« Détenus sans fondement légal, souvent au secret »
Le ministre décrit sans détour la situation : « Des milliers de femmes et d'hommes ont été arrachés à leur foyer dans les territoires occupés et sont détenus sans fondement légal, souvent au secret, privés de leurs droits et de tout contact avec leurs proches. » Ces détentions, écrit-il, « constituent de graves violations du droit international humanitaire, en particulier de la quatrième convention de Genève ».
C'est précisément ce que la campagne s'attache à faire connaître. La détention au secret prive les familles de toute nouvelle et les détenus de toute protection. Et parce que ces civils ne relèvent d'aucun mécanisme d'échange, le droit international qualifie leur détention de prise d'otages (Convention internationale de 1979 contre la prise d'otages, article 34 de la IVe Convention de Genève). Plus de 16 000 civils ukrainiens sont inscrits au registre de l'Ombudsman ukrainien.
« La position de la France est constante »
« Tous les civils détenus illégalement doivent être libérés, et tous les enfants déportés doivent retrouver leur famille », écrit Jean-Noël Barrot. Pour lui, « leur libération et leur retour doivent faire partie intégrante de toute paix juste et durable en Ukraine ». La France, ajoute-t-il, le rappellera « dans toutes les enceintes où se joue l'issue de ce conflit », aux côtés de l'Ukraine et de ses partenaires européens.
« Un nom et un visage »
C'est le passage central de la lettre. Le ministre y salue « l'engagement des communes françaises qui ont choisi de parrainer des civils ukrainiens détenus » :
« En donnant un nom et un visage à celles et ceux que la Russie voudrait faire oublier, elles
[les communes marraines]expriment la solidarité de notre pays avec le peuple ukrainien et son attachement au droit international. »— Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères
C'est le sens même du parrainage. Quatre villes de France ont déjà voté le leur : Louviers, Amboise, Lyon et, le 2 novembre, la veille de cette lettre, Bordeaux, qui parraine Olga Baranevska et Oleksandr Yarovyi.
Le ministre se dit aussi « attentif au parrainage inaugural que la Ville de Paris envisage d'accueillir dans les prochaines semaines ». La Ville s'est dite favorable à un soutien officiel à deux otages civils, la journaliste Anastasia Hloukhovska et le champion de wushu Oleg Shevandin ; une délibération doit être soumise au Conseil de Paris lors de sa séance de novembre.
