La Ville de Paris se dit favorable à un soutien officiel à Oleg Shevandin et Anastasia Hloukhovska, deux civils ukrainiens détenus par la Russie. Le Conseil de Paris pourrait voter une délibération en novembre.
Après Louviers, Amboise et Lyon, Paris pourrait rejoindre la campagne « Ensemble, sauvons les otages ukrainiens ». Le cabinet d'Audrey Pulvar, adjointe au maire de Paris chargée des relations internationales, européennes et de la francophonie, a fait savoir aux associations que la Ville était favorable à un soutien aux deux otages et à leurs familles.
Un engagement très attendu
C'est à Paris que la campagne a été lancée, le 23 mai 2026, et c'est pour Oleg Shevandin et Anastasia Hloukhovska que s'est constitué le comité de soutien parisien. L'engagement de la capitale donnerait à leur histoire une visibilité nouvelle, en France comme à l'étranger. Il pourrait aussi encourager d'autres villes à s'engager à leur tour.
Cet engagement, les familles l'attendent aussi. Depuis onze ans, l'épouse d'Oleg Shevandin alerte les autorités ukrainiennes et les partenaires internationaux, sans avoir reçu la moindre nouvelle de lui. Les proches d'Anastasia Hloukhovska n'apprennent son sort que par les récits d'anciens détenus libérés. Pour des familles privées de tout contact, chaque soutien public compte : il rappelle que leurs proches ne sont pas oubliés et ajoute à la pression en faveur de leur libération.
Un vote attendu en novembre
La Ville de Paris n'emploie pas le terme de parrainage. Son engagement prendrait la forme d'une délibération, qui serait soumise au vote du Conseil de Paris lors de sa séance de novembre, entre le 17 et le 20. Par ce vote, la Ville entendrait se tenir aux côtés des deux otages et, plus largement, du peuple ukrainien.
Oleg Shevandin, détenu au secret depuis 2015
Plusieurs fois champion d'Europe de wushu et entraîneur de l'équipe nationale d'Ukraine, Oleg Shevandin préside la fédération de wushu de la région de Donetsk. Le 1er mai 2015, il a été enlevé par des militaires russes à un poste de contrôle de Debaltseve, sa ville natale. Depuis onze ans, il est détenu au secret, sans procès ni statut légal. Son épouse n'a plus eu de contact avec lui depuis le jour de son enlèvement.
Anastasia Hloukhovska, journaliste arrêtée à Melitopol
Journaliste du média en ligne RIA-Melitopol, Anastasia Hloukhovska a été arrêtée à son domicile le 20 août 2023, lors d'une rafle visant les professionnels des médias de la ville occupée. Selon des témoignages d'anciens détenus, elle aurait été torturée. Elle serait aujourd'hui détenue à Kizel, dans la région de Perm, en Russie. En trois ans, aucune accusation officielle n'a été portée contre elle, et la Russie n'a jamais confirmé son lieu de détention.
Plus de 16 000 otages civils ukrainiens
Selon le Centre pour les libertés civiles, plus de 16 000 civils ukrainiens sont détenus arbitrairement par la Russie. Ils n'ont pas accès à un avocat, ne peuvent pas communiquer avec leurs proches et ne sont pas inclus dans les échanges de prisonniers de guerre. La campagne « Ensemble, sauvons les otages ukrainiens » leur rend un nom, un visage et une histoire, et appelle les villes de France à s'engager pour leur libération.
