Des noms, des visages, des dossiers documentés
Cette page rassemble les civils ukrainiens que nous accompagnons au fil de notre campagne — otage après otage, à mesure que leur situation est confirmée par nos partenaires sur le terrain en Ukraine. Chaque fiche raconte une vie interrompue : un nom, un visage, le jour et le lieu où tout a basculé, le temps passé en détention, et ce que l'on sait aujourd'hui de son sort.
Qui sont ces otages ?
Arrêtés pour avoir refusé d'imposer les programmes russes à leurs élèves.
Emprisonnés pour avoir informé, témoigné ou simplement exercé leur métier.
Enlevés pour avoir exercé leur mandat démocratique sous occupation.
Champions, coaches, dirigeants de fédérations — ciblés pour leur rayonnement et leur refus de collaborer.
Détenus pour leur création, leur voix, leur attachement à la culture ukrainienne.
Arrêtés pour leur ministère et leur refus de rallier l'Église orthodoxe du Kremlin.
Bénévoles qui aidaient leur communauté sous occupation — devenus des cibles.
Arrêtés pour avoir refusé la russification de leurs enfants et protégé leur langue et leur identité.
Directeurs de musée, bibliothécaires, conservateurs — arrêtés pour avoir refusé de livrer les collections, de collaborer, ou simplement d'effacer la mémoire ukrainienne.
Des hommes et des femmes qui n'avaient d'autre tort que d'être ukrainiens et de vouloir le rester.
Otages hommes
Agent de sécurité à Dymer, Ivan Drozd est arrêté en pleine rue le 28 février 2022, quatre jours après l’invasion. Sans accusation ni procès, son lieu de détention et son état de santé restent inconnus.
Enlevé en 2022 au poste de Tchonhar, condamné à 8 ans et 6 mois pour un bataillon dont sa famille dément qu’il ait fait partie, déporté en Bouriatie. Détresse respiratoire, surdité, manque de soins.
Enlevé en 2022, contraint à des aveux filmés, envoyé creuser des tranchées pour l’armée russe, Oleksandr Hredzhev est détenu sans aucune accusation officielle. Sans nouvelles depuis août 2025.
Agronome et élu local à Kherson, Ivan Koval est arrêté chez lui en 2022. Depuis, aucune charge officielle, aucun procès : détenu au secret, sans accès du CICR ni d’aucune organisation internationale.
Arrêté en 2022, torturé jusqu’aux aveux, condamné à 12 ans pour « espionnage ». Son père, arrêté en 2024 pour « terrorisme », est mort en détention. Artem reste détenu à la colonie IK-11 (Louhansk).
Enlevé à Sébastopol en 2023, détenu au secret pendant neuf mois, jugé lors d’un procès-spectacle : 15 ans de colonie pour des accusations fabriquées de « trahison » et « terrorisme »
Enlevé en 2022 à Berdiansk, torturé, isolé, affamé et électrocuté, il a perdu plus de 30 kg en détention. Accusé d’espionnage et de terrorisme lors du procès tenu au secret, sans accès à son avocat.
Enlevé en 2022 avec son fils, ce mécanicien de Kharkiv est détenu sans inculpation ni procès. Transféré à Taganrog en 2025, en état critique — cardiaque, hypertension, œdèmes, plaies purulentes.
Mécanicien-motoriste enlevé en 2022 avec son père. Détenu sans procès ni inculpation, il subit tortures physiques et psychologiques et des rations réduites de moitié. Sa détention est confirmée par le CICR
Enlevé en 2015 après avoir porté secours aux civils de Debaltseve assiégée, Oleg Shevandin a été torturé, contraint à de faux aveux, et reste détenu au secret — témoin gênant que l’on veut faire taire.
Enlevé en 2022 à Pologi, Vadym Shevchenko est détenu sans procès en Mordovie. Accusé à tort de sabotage, il souffre d’un ulcère à l’estomac et de nécroses aux jambes, privé de tout soin médical.
Enlevé en 2022 en tentant de rejoindre sa grand-mère sous l’occupation, Serhii Shevchuk est détenu sans procès. Son état de santé, critique, se dégrade : anorexie, troubles cardiaques, épuisement extrême.
Enseignant à Mala Vovcha, Kostyantyn Struk est enlevé à son domicile en 2022 par des soldats russes. Détenu sans chef d’accusation ni procès en Mordovie, présenté à tort comme prisonnier de guerre.
Arrêté en 2017 après avoir refusé de collaborer, torturé et menacé de viol jusqu’à de faux aveux, condamné à 15 ans et demi. Il est mis en cellule disciplinaire pour refuser de coudre des uniformes
Arrêté en 2022, Oleksandr est violemment battu puis contraint à de faux aveux sous la torture. Sans charge ni procès, détenu au secret, sa famille n’a reçu qu’un seul message en quatre ans de captivité.
Enlevé en 2022 lors d’un faux contrôle d’identité, battu en détention, jugé à huis clos pour « espionnage ». Condamné à 13 ans et demi de colonie, sa santé se dégrade gravement.
Arrêté en 2022 puis condamné à 11 ans de colonie pour « espionnage », Yevhen Zaharskyi est torturé : troubles cardiaques, œdèmes, saignements, perte de vision, sans accès au CICR.
Ingénieur radio-télévision, enlevé en 2022 près de Balakliya (Kharkiv). Détenu au secret depuis lors : la Russie nie toute procédure pénale et ignore le CICR, la CEDH et l’ONU. Lieu de détention inconnu.
Enlevé à son domicile en 2022 à Kherson, Pavlo Zaporozhets, avocat et vétéran ukrainien, a été torturé à l’électricité. Accusé de terrorisme, il purge 12 ans à Omsk, sa santé très dégradée.
Ingénieur à Melitopol, arrêté par le FSB en 2023 pour avoir organisé les manifestations pro-ukrainiennes. Jugé pour « terrorisme », il encourt plus de 20 ans — sans preuve.
Otages femmes
Enlevée à Melitopol en 2022, Yanina Akulova a été torturée pour lui extorquer des aveux filmés, puis condamnée à neuf ans de colonie pour un attentat qu’elle nie. Sa santé se dégrade en détention.
Éducatrice retraitée, arrêtée en 2024 à Melitopol pour ses opinions pro-ukrainiennes. Détenue au SIZO de Donetsk, torturée aux chocs électriques, elle a perdu plus de 20 kg. Condamnée à 6 ans
Arrêtée en 2025 à Sotchi alors qu’elle venait, au sortir d’une opération, voir son père malade, Diana Havryliuk est inculpée de « trahison d’État » et attend toujours son procès à Krasnodar.
Journaliste à Melitopol occupée, Anastasiia Hloukhovska a été arrêtée par le FSB en 2023, torturée, et détenue au secret dans l’Oural, sans procès ni statut reconnu.
Enlevée en 2023 parce que son mari sert dans l’armée ukrainienne, Yulia a été condamnée à 13 ans pour espionnage. Détenue dans un trou obscur, affamée et battue, elle est à la colonie IK-15 de
Enlevée en 2024, relâchée puis réarrêtée le jour même, Nataliia Kozhemyatska est accusée à tort de terrorisme. Violée dès le premier jour de détention, elle subit tortures et transferts à répétition.
Arrêtée en 2023 pour ses positions pro-ukrainiennes, Alina Mofa a refusé de signer de faux aveux. Accusée de « trafic de stupéfiants », condamnée à 5 ans, elle est détenue à Seleznevka, santé dégradée.
Enlevée en 2023, Yana avait 18 ans. Accusée de terrorisme pour avoir modéré un forum pro-ukrainien, elle a été détenue au secret, torturée, isolée et privée de nourriture, puis condamnée à 14 ans de colonie.
Ciblée pour avoir célébré la libération de Kherson, Ania Yeltsova a été enlevée en 2022, exhibée en aveux forcés le visage marqué d’ecchymoses, puis condamnée à dix ans pour « espionnage »
